Chausson d’escalade : lacets, velcro ou ballerine ?

Une question pas si anodine…

jeune femme faisant les lacets de son chausson d'escalade

Je sais ce que certains d’entre vous vont dire en découvrant ces quelques lignes : “Quoi, encore un article ZeOutdoor sur les chaussons d’escalade ?”

Oui, tout à fait. Et c’est parfaitement justifié ! Après tout, quel équipement à le plus d’influence sur votre pratique de l’escalade ? Parmi tout le matos d’escalade, lequel avez-vous acheté en premier, et changez-vous le plus souvent ? 

Vos chaussons, bien évidemment !

Amis grimpeurs, il est donc temps de parler (encore) de nos amis les chaussons d’escalade, et plus particulièrement de leur serrage.

Chausson d’escalade : serré, très serré, ou trop serré ?

Le vendeur vous l’a certifié : “Un chausson d’escalade doit être le plus serré possible”, et depuis vous respectez cette sacro-sainte règle. Vous n’avez pas tort, mais il faut quand même comprendre pourquoi.

La précision

Un chausson bien serré permet de bien se positionner, même sur les plus petites prises. C’est pourquoi, dès que la grimpe devient un peu technique, les chaussons serrés ont la cote.

La rigidité

A ne pas confondre avec la précision, la rigidité du chausson permet de prendre appui sur votre prise. Ceci est impossible avec un chausson trop grand, qui se plie dès que l’on exerce un peu de pression sur la pointe.

Le confort

On vient de le voir, le chausson serré permet de mieux grimper… Mais attention au chausson trop serré, qui devient inconfortable ! Le risque ? Mal de pied, blessure, baisse de motivation… Quand vous devez portez votre chausson d’escalade plusieurs heures (grande voie), le confort est très important !

Au final, permettez-moi de corriger la sacro-saint règle du chausson d’escalade : “Il doit être parfaitement ajusté, mais pas trop serré

chausson a lacet et matériel d'escalade

Comment bien ajuster son chausson ?

Voilà la bonne question, merci de me la poser! 😉

La forme du chausson

Celle-ci doit être adaptée à votre pied. Flash News : tous les pieds ne sont pas identiques ! Donc, un chausson “super confortable” pour votre pote peut vous sembler “trop nul”.

Il y a tant de choses à vérifier : pied grec ou romain (quel est le doigt de pied le plus long), pied large ou étroit, pied courbé ou plat…

Le serrage du chausson

Vous commencez à comprendre pourquoi il est si important ? C’est en effet le système de serrage qui permettra au chausson de parfaitement épouser la forme de votre pied et d’assurer un maintien parfait.

J’en profite donc pour modifier à nouveau la sacro-sainte règle du chausson d’escalade : “Il doit être le mieux serré possible

femme grimpant u mur d'escamade avec des chaussons a scratch

Les systèmes de serrage de chausson

Ils sont au nombre de 3, et non pas 2 comme vous pensiez.

La ballerine

Avant les grimpeurs, c’étaient surtout les danseurs qui abusaient leurs pieds dans des petites chaussures toutes serrées qui devaient à la fois être souples et rigides… D’où le nom de ballerine pour ces premiers chaussons, directement inspirés de ceux utilisés en ballet !

Autrefois très courants, ils se font aujourd’hui plutôt rares. Le problème, c’est qu’ils doivent être parfaitement adaptés à la forme du pied, sans possibilité d’ajustement.

Ils sont utilisés en majorité par deux catégories de grimpeurs totalement opposés : 

  • Les débutants, qui aiment leur simplicité, leur prix réduit, et qui de toute façon ont choisi une taille trop grande pour leur confort
  • Les superstars de la grimpe, qui aiment leur poids réduit, leur forme parfaitement adaptée à leur pied, leur souplesse, et qui de toute façon veulent ZE chausson qui leur permet de faire ZE voie. Ils changeront de chausson dès qu’ils changeront de projet.

Le lacet

Cela a été l’une des premières innovations sur les chaussons d’escalade, il y a bien longtemps déjà… Mais cela reste l’une des plus utiles !

Le lacet permet de bien ajuster une chaussure, pour qu’elle prenne la forme du pied, en réglant le serrage en différentes zones. C’est sûr que si vous vous contentez de tirer fort sur les bouts qui dépassent sans régler chaque passant, vous ne vous en êtes probablement jamais rendu compte ! 😛 

On peut donc affirmer que le lacet est la solution de serrage idéale pour des chaussons d’escalade. Il permet d’obtenir à chaque fois l’ajustement désiré, qui peut être plus confortable (grande voie facile) ou plus technique (voie de bloc difficile).

Le gros inconvénient du lacet ? Cela prend du temps de les faire (et défaire) à chaque fois. Et, cela peut paraître futile, mais nous savons tous que c’est ch… de devoir faire et défaire ses lacets 15 fois pendant une session de grimpe. On risque donc de ne plus prendre le temps de bien les ajuster, et ils perdent alors tout leur intérêt.

Les chaussons à lacet sont donc plutôt adaptés aux : 

  • Grimpeurs de grande voie, qui gardent leurs chaussons pendant plusieurs heures et peuvent donc passer 3 minutes à bien les serrer.
  • Grimpeurs méticuleux, qui apprécient d’avoir l’ajustement parfait pour chaque voie, en fonction du niveau et des envies du jour.

Le velcro, ou scratch

Doit-on dire velcro, scratch ou autre chose ? Je ne sais pas… Mais, ce qui est sûr, c’est que c’est bien pratique !

Plus flexible que la ballerine, plus rapide et simple d’utilisation que le lacet, le velcro s’est imposé comme le standard des chaussons d’escalade depuis quelques années. Pourtant, il faut bien être conscient que, malgré les avancées technologiques, le scratch n’est toujours pas aussi précis que le lacet, et offre un ajustement moins “personnalisé”.

Mais le gain de temps précieux qu’il permet fait qu’il a séduit la majorité des grimpeurs, surtout en couenne et en salle. 

homme enfilant un chausson d'escalade

Quelques mots pour terminer

Vous avez maintenant toutes les clés en main pour choisir le chausson parfaitement adapté à votre pied, qui vous permettra de grimper confortablement les voies les plus difficiles !

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Arantxa Loyola

Arantxa a deux amours : l’escalade, qu’elle pratique depuis près de 15 ans, et son mari, avec lequel elle vit dans un petit village du sud de la France, là où le climat permet d’être sur les rochers pratiquement toute l’année. Discrète et enthousiaste, elle adore partager sa passion pour la grimpette et se fait un plaisir d’enseigner aux débutants.

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