Stéphane Brosse s’en est retourné à la Montagne

Dimanche Stéphane Brosse est mort. Alors qu’il franchissait une corniche de neige à proximité de l’Aiguille d’Argentière dans le massif du Mont Blanc, le skieur-alpiniste français a été emporté dans un couloir.

Athlète multi-médaillé, triple vainqueur de la Pierra Menta, détenteur du record de la traversée Chamonix-Zermatt et de l’aller-retour Chamonix-Mont Blanc-Chamonix, Stéphane Brosse s’était lancé dans la traversée à ski du massif du Mont Blanc entre les Contamines et Trient aux côtés de Kílian Jornet, Sébastien Montaz-Rosset et Bastien Fleury lorsqu’il a disparu dans le couloir Barbey.

Stephane-Brosse

Stéphane Brosse restera dans les esprits. Mari, père, ami, collègue de travail, athlète, alpiniste, skieur ; montagnard. Par son engagement au sein des groupes jeunes du Club Alpin, par sa détermination à soulever des montagnes, par sa persévérance à aller toujours plus loin, toujours plus haut, il a su inspirer une génération de sportifs et de montagnards. Neige éternelle et immaculée, son œuvre vivra.

La funeste traversée marquait la première étape du projet Summits of My Life (voir vidéo) de l’utra-trailer catalan Kílian Jornet : une série d’ascensions qui le conduira lui et son équipe sur les flancs du Mont Blanc, du Cervin, de l’Aconcagua et du McKinley avant de finir au sommet de l’Everest en 2016.

Ce n’est pas à qui sera le plus rapide, le plus fort ou le plus grand ; c’est avant tout être soi-même. Nous ne sommes pas juste des coureurs, des alpinistes ou des skieurs, ou même des athlètes ; nous sommes des êtres humains. […] Mais qu’est ce qu’on recherche alors ? Se sentir en vie ?” C’est sur ces mots emprunts d’infini que se clos la bande-annonce du film de Kílian Jornet, Summits of My Life. La question est récurrente chez les sportifs de l’extrême : qu’est-ce qui pousse à s’attaquer ainsi à des défis toujours plus exigeants et risqués ? Le goût de la compétition, la saveur de l’Aventure, le sentiment de marcher sur une corde raide, la volonté indéfectible de se dépasser, se mettre en danger pour se sentir vivant. A chaque sportif ses raisons. Dans une interview à Montagnes Magazine publiée en 2008, Stéphane Brosse revient sur ses motivations : “j’aime avant tout la recherche d’autonomie et l’apprentissage des choix qu’implique la montagne ; faire sa trace, choisir son chemin. […] Le goût du jeu, la compétition fait aussi partie de ma culture ! ”.

La Mort comme exhausteur de goût pour l’un, l’aiguillon de la compétition pour l’autre. Si les raisons intrinsèques divergent d’un Kílian Jornet de 25 ans à un Stéphane Brosse de 40 ans, demeure commune la quête de liberté en chemin vers le sommet et l’excitation de la conquête et de la découverte.

Stéphane Brosse s’en est donc retourné à la Montagne ; il y poursuit sa quête d’infini et de défi. Il sera regretté sur la Cordée. Toute nos condoléances à sa famille et à ses proches.

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Celine

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