Gérome Pouvreau, le rocher et l’essence de l’escalade

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Millau, jeudi 28 juillet. ZeOutdoor vient d’arriver en Aveyron, patrie de naissance des Natural Games. Le salon VIP – qui accessoirement fait aussi office d’espace presse – est encore vide à l’heure où sortent de terre les derniers stands. Sombrant au creux de confortables fauteuils, ZeOutdoor met sur pied son programme pour les quatre jours de festival à venir. C’est à ce moment que fait irruption dans la torpeur du carré les grimpeurs du team Petzl. Un chien couleur caramel trotte parmi eux ; au bout de la laisse se tient le parrain des NG, Gérome Pouvreau. Rencontre.

interview gerome pouvreau

Comment en est-tu venu à l’escalade ?

J’ai découvert l’escalade en Charente-Maritime, un lieu plutôt atypique où l’escalade ne prédomine pas vraiment ! C’était dans une foire avec mes parents ; le club de La Rochelle avait monté un mur entre deux caravanes : j’ai essayé et ça m’a plu ; je me suis inscrit au club à la rentrée. J’avais 8 ans quand le virus m’a pris et je ne me suis plus jamais arrêté !

Qu’est-ce qui te pousse à continuer de grimper ? à toujours aller plus haut et plus loin ?

L’escalade fait qu’on est sans cesse en train de découvrir de nouvelles choses ; il y a tellement de falaises dans le monde et d’endroits à découvrir sur notre belle planète, on va encore mettre un petit moment à en faire le tour ! Sans parler de tout ce qu’on peut faire en escalade entre le bloc, les grandes voies… Je n’ai pas encore accompli tout ce que je veux faire ; donc je continue, bien motivé !

Te dirais-tu plus « grimpeur compétiteur » ou « épicurien de l’escalade » ?

La grimpe, c’est pas uniquement de la compétition ; la grimpe pour moi, c’est sur le rocher, en falaise ! La compétition, c’est pour le jeu ; ça reste une superbe école de la vie mais je n’en fais plus maintenant [depuis 2011]. L’essence de l’escalade reste le rocher.

Ton dernier voyage ?

On est parti en Chine pendant un mois avec le Petzl RocTrip en 2011 : découverte de nouvelles falaises et de nouvelles voies, escalade dans des endroits somptueux et immersion dans la vie et la culture chinoise. On voyage pour grimper, mais aussi pour découvrir un pays, pour rencontrer et comprendre les gens. En Chine, on a pu grimper pendant deux semaines et ensuite, vadrouiller dans le pays pendant deux autres semaines ; on a finit en grimpant sur la Muraille de Chine !

Et ton prochain voyage ?

On va partir à Red River Gorge dans le Kentucky [Etats-Unis] avec le team en octobre avant d’enchainer sur le Petzl RocTrip en Argentine. Deux mois de grimpe et de voyage en prévision ! – On grimpe beaucoup, on adore ça, mais c’est bien aussi de souffler un peu de temps en temps et de faire autre chose, de découvrir d’autres sports, de se balader… Kaipi ! Kaipi ! viens là… allez ! [Docile, le chien caramel revient se coucher aux pieds de son grimpeur de maître.]

Que fais-tu lorsque tu n’es ni en falaise ni en vadrouille de par le monde ?

Je suis moniteur d’escalade au club d’Aix-en-Provence depuis trois ans ; j’entraine les minots, je les sort en falaise… c’est super intéressant ! C’est super intéressant et ça nous aide aussi à progresser dans notre pratique ; en décomposant les mouvements pour les enseigner aux jeunes, on redécouvre l’escalade nous-même, c’est un très bon complément. Ca nous permet aussi de transmettre la passion du rocher.

Et en hiver, quand il faut trop froid pour grimper en extérieur ?

En fait, l’hiver est une super saison pour grimper. Dans le sud de la France – où j’habite depuis dix-douze ans –  les falaises font effet de four, il y fait très chaud et on peut se retrouver à grimper torse nu au mois de décembre ! C’est en hiver que les conditions d’adhérence sont les meilleures ; un vent du nord, sec et froid, on transpire moins des mains, dans le jargon on dit que “ça colle”. Dans certaines voies extrêmes, on a besoin de ces conditions d’adhérence pour réussir.

Pratiques-tu d’autres sports/activités outdoor ?

Je suis un peu touche à tout : parapente, chute libre, surf… Dès qu’on me propose une nouvelle activité, je signe tout de suite ! Je me suis mis au surf il a pas longtemps ; ça s’apparente vachement à l’escalade, pour la lecture de vague, la question de l’équilibre ou les conditions météo.

Une région ou un spot d’escalade à recommander à nos lecteurs ?

Le sud-est de la France : c’est le Triangle d’Or de l’escalade en France ! La falaise de Ceüse près de Gap [Hautes-Alpes], par exemple, est vraiment top pour grimper. Ou les grandes voies de granit en Corse.

Ta plus belle sortie dans les douze derniers mois ?

Je pense que c’était en Corse, sur Delicatessen [8b, 150m, dans le massif de Bavella]. Je suis parti avec Florence [Pinet], ma copine, qui est aussi dans le team Petzl. C’était une belle grande voie, un super beau rocher ; un excellent souvenir !

Et ta pire sortie ?

Toujours avec ma copine, on est allé à Saint-Guilhem-le-Désert [Hérault] récemment. On s’est pris un énorme orage, un truc de dingue ! Pendant un quart d’heure, on s’est fait rincé jusqu’à la moelle, j’avais dix centimètres d’eau dans mon sac à dos… On avait rien pour s’abriter et on était en pleine paroi quand la foudre a commencé à taper ; j’ai dû mettre des mousquetons pour redescendre en urgence… Mais au final on en a bien rigolé !

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